Rani Bheemuck, une mauricienne sur TF1

Rani Bheemuck, qui interprète l’avocate Lou Clément dans la série à succès Demain Nous Appartient, était de passage à Maurice, dont elle est originaire, il y a quelques semaines. MOODZ a eu la chance de la rencontrer, afin qu’elle nous parle de son parcours, mais aussi du rapport qu’elle a conservé avec l’île Maurice.

Te définirais-tu comme une actrice de série ?

En tant qu’actrice, mon métier est de donner vies à des personnages, que ce soit dans une série ou dans un film.
Sur Demain Nous Appartient, grâce à ce format de quotidienne, on a la chance de faire grandir et évoluer son personnage depuis 2 ans maintenant. C’est comme dans un livre, à chaque page ouverte on en apprend davantage sur le personnage que l’on construit.

Tu travailles beaucoup pour tes rôles ?

Cela dépend du rôle. Pour Demain nous Appartient, mon personnage est une avocate brillante. Pour être au plus près de mon rôle j’ai assisté à des procès, je suis allée au Palais de Justice plusieurs fois et j’y ai rencontré un avocat pénaliste avec qui j’ai sympathisé et noué une relation de travail et d’échange. J’ai eu à jouer des scènes de plaidoiries, en robe d’avocate. Il m’a aidé à répéter, dans les gestes, les mouvements, l’éloquence pour qu’on se rapproche de la réalité au maximum.

Sur Demain nous Appartient, le format demande rigueur et efficacité. On tourne un épisode de 26 minutes par jour. Il y a une quinzaine d’auteurs basés à paris, qui écrivent tous les jours, donc il faut être efficace !

Comment t’es venue l’envie d’être actrice ?

Toute petite j’aimais déjà faire des spectacles. En sixième, j’ai fait un stage de théâtre pendant les vacances avec ma meilleure amie et j’ai adoré ça ! J’ai alors demandé à mon professeur si c’était un métier. Bien sûr que c’est un métier ! Alors je me suis dit que j’avais trouvé le métier de mes rêves et j’ai foncé tout simplement. Ce qui m’a plu avant tout, c’était de raconter des histoires et d’inventer des personnages.

J’ai continué le théâtre au collège et au lycée, mais je n’osais pas en parler à mes parents. Je m’étais dit que j’allais m’installer à Paris et faire une école de théâtre à mes 18 ans. Le jour où j’ai eu mon bac, j’ai appelé ma mère pour lui annoncer, et elle ne me croyait pas. Elle m’a dit « Comment ça comédienne ? Mais ce n’est pas un métier ça ! » A partir de là, ils m’ont fait confiance et ont suivi mon parcours. Cette notion de métier d’acteur était abstraite pour eux, ce n’est qu’en me voyant jouer pour la première fois sur scène qu’ils ont compris.

Est-ce que ça a été compliqué d’obtenir des rôles ?

J’ai étudié un an dans une école de cinéma à Paris, puis 3 ans dans une école d’art dramatique. En parallèle j’écrivais des sketchs avec un ami et on jouait au théâtre. On a créé notre propre spectacle, c’était donc mon premier rôle.

Pour le reste, je dirais qu’il faut beaucoup de persévérance, de travail et de passion. 

J’imagine que comme de nombreux acteurs et actrices, tu as regardé la série Dix Pour Cent, à quel point cette série est réaliste sur le milieu du cinéma ?

J’adore cette série et c’est pour moi un exemple de ce qui se fait de mieux en France. Je dirais que c’est romancé, mais qu’il y a certainement des anecdotes qui sont inspirées de faits réels.

Il y a une bonne ambiance sur le tournage de Demain Nous Appartient ?

Oui c’est comme une grande famille, on s’entend très bien. Regardez, je ramène Solène Hébert (qui interprète Victoire Lazzari) avec moi à l’île Maurice ! On s’est rencontrées sur le tournage, et on est très proches aujourd’hui.

Quels conseils peux-tu donner à un jeune qui veut se lancer ?

Il me semble qu’on a qu’une vie, alors je conseillerai à ce jeune de se lancer et de poursuivre son rêve. Il faut essayer, avoir beaucoup de persévérance, et je pense que c’est important de suivre une formation solide d’art dramatique. Je conseille aussi de créer les opportunités, et ses propres projets, être constamment stimulé par la création qui est le ciment de ce métier.

Quel est le lien que tu as gardé avec Maurice ?

Les gâteaux piments. Je blague, même si j’adore ça. Aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir une de mes sœurs qui vit à Maurice avec sa famille.  

Je suis très fière de mes racines ! Il y a une époque de ma vie ou je demandais à mon père de ne pas mettre de musique indienne et de ne pas préparer de cari quand j’avais une amie à la maison. Je pensais être différente, alors que  ces origines sont une richesse et une vraie force pour moi aujourd’hui. Mais quand tu es petite on ne t’explique pas cette différence.
Ce lien est ancré en moi, j’ai besoin de temps en temps de manger et de cuisiner mauricien, mes parents me parlent en créole et je le parle aussi.

Quel projet pourrais-tu imaginer ici ?

J’ai eu une vraie révélation lors de ce séjour. En visitant l’Aventure du sucre et Aapravasi Ghat par exemple, j’ai eu envie d’écrire un film sur les engagés indiens, les planteurs, ces travailleurs arrivés avec un contrat, un simple bout de papier. En deux générations ils sont devenus les Mauriciens de la diaspora indienne.

Je pense que cette histoire de cette île mérite d’être racontée. Comment elle est passée de son seul habitant le dodo, à une île multi ethnique de un million trois cent mille habitants. C’est fou !

Y a-t-il des projets qui t’ont marqué à Maurice ?

Je suis allée à la Isla 2068, j’ai trouvé ça super ! C’est un beau festival de musique qui rassemble des groupes originaux de l’Océan Indien. Il y a aussi des groupes de séga que j’écoutais quand j’étais petite, que j’entends parfois à la radio en France et qui montrent que la culture mauricienne s’exporte.

Est-ce que tu te fais souvent arrêter dans la rue ?

Depuis la série Demain nous Appartient, cela m’arrive très souvent. J’aime bien échanger avec les spectateurs, prendre quelques photos avec eux et les remercier. Tout se fait avec beaucoup de bienveillance. Je reçois même des petits cadeaux, des lettres qui me touchent, des gens qui impriment mes photos… c’est beaucoup d’amour !

Tu disais que tes parents ne considéraient pas la comédie comme un métier. Aujourd’hui ils sont fiers de ce que tu fais ?

Oui, je pense ! Je sais qu’ils me regardent et qu’ils sont fiers. La première fois qu’ils m’ont vu jouer au théâtre, on attendait 100 personnes et on s’est retrouvé à 500 dans la salle. Quand ils ont entendu les gens rire et qu’ils ont vu qu’on avait été payé pour ça, ils ont vraiment réalisé qu’on pouvait en vivre.

Quel est ton contact le plus célèbre ?

Heu… Leonardo DiCaprio, je l’appelle maintenant si vous voulez (rires).

leonardo dicaprio GIF

Avec qui rêverais-tu de tourner ?

En France, j’adorerais travailler avec François Ozon ou Cédric Klapisch. Et jouer avec Jacques Gamblin, Cécile de France, j’adore Yolande Moreau.

Quant au rêve américain, Woody Allen, Quentin Tarentino, Meryl Streep ! Rien que ça.

Est-ce que tu es encore émerveillée quand tu vois certains acteurs ?

Oh que oui! Quand je suis allée au festival Series Mania à Lille, il y avait Julianna Margulies, qui joue dans The Good Wife, série d’avocate que j’ai adoré. Je suis allée la voir, lui dire merci. Elle était très touchée.

Quels sont tes prochains projets ?

En ce moment le film Versus est au cinéma en France. J’y joue Kali, une jeune mère en détresse. Je participe également à un épisode de la série Plan Cœur (saison 2) qui sera diffusée sur Netflix.

Je vais bientôt commencer le tournage d’un téléfilm « Meurtre à Cayenne » pour France 3. J’interprète le rôle d’une jeune laborantine d’origine amérindienne de Guyane ; je me renseigne beaucoup sur cette communauté, sur la culture et l’histoire de ce peuple.

Quel est ton lieu préféré à Maurice ?

Il y en a tellement, c’est impossible de choisir car je suis pathologiquement indécise! (rires)

Si tu devais tourner un épisode ici, ce serait où ?

(Rires) A l’îlot Gabriel ! Ou peut-être Cap Malheureux. 

Quel est le rôle de tes rêves ?

J’aimerais beaucoup un jour interpréter une actrice ou une chanteuse de légende dans un biopic. Mais en ce moment je rêve de jouer une guerrière qui se bat et qui fait des courses poursuites à moto ! (rires)

Si tu n’avais pas été actrice, qu’aurais-tu fait ?

Je m’intéresse à beaucoup de sujets, et j’ai une vraie passion pour le maquillage et le bien être…

Est-ce que tu regardes ton travail à la télé ?

Oui, je regarde tout ce que je fais. Je tiens à voir le résultat, et j’aime découvrir l’aboutissement du travail de toutes les équipes qui ont œuvré sur un projet.

Si tu devais définir Maurice en 3 mots

Doucement le matin et pas trop vite l’après-midi (rires), ça fait trop de mots mais c’est ça !

Où peut-on te suivre ?

J’aime bien mettre à jour mon actualité sur mon compte Instagram, rani_bheemuck !

Merci beaucoup Rani, pour ce moment que tu nous as accordés au cours de tes vacances mauriciennes !

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